René Galassi › Journal

16 octobre 2026 · 5 min de lecture

Comment naît un relief en papier, du carnet à l'œuvre

Une œuvre de René Galassi commence toujours de la même façon : une page blanche, un crayon, et une forme qui hésite. Voici, étape par étape, comment une simple feuille devient un relief.

Gros plan d'un relief bleu en papier, lamelles croisées couvertes de pigment

1. Le dessin, dans les carnets

Tout commence dans un carnet. Des lignes qui se croisent, des courbes qui reviennent, page après page, jusqu'à ce qu'une forme tienne debout. Le dessin n'est pas une maquette exacte : c'est une partition, que le papier viendra ensuite interpréter.

Sur la page, le dessin se précise en plan : où passeront les lamelles, à quelle hauteur, dans quel ordre. C'est déjà une pensée en volume.

2. La découpe, au cutter et à la règle

Le papier est ensuite tranché en lanières, en arcs, en plans. La lame suit la règle, sans trembler. Chaque coupe prépare une ombre à venir : c'est la largeur de la lamelle, son angle et son espacement qui décideront, plus tard, de la façon dont la lumière accrochera l'œuvre.

René Galassi au travail sur un grand relief bleu dans son atelier
Le travail d'un grand format bleu, à l'atelier.

3. Plier, coller, monter

Les lamelles sont pliées, encollées, puis posées une à une sur le support. La structure apparaît peu à peu : un éventail, une vague, un cercle. C'est l'étape la plus longue, celle où l'on recule souvent pour regarder, avant de poser la lamelle suivante.

4. Le pigment pur, couche après couche

Vient ensuite la couleur. René Galassi travaille le pigment pur, posé au pinceau, couche après couche. Pas de peinture prête à l'emploi : la couleur garde son grain et sa profondeur de velours. C'est ce qui donne à ses bleus, ses rouges ou ses noirs cette matité si particulière, qui boit la lumière au lieu de la renvoyer.

Au pinceau, je pose le pigment couche après couche, jusqu'à ce que la couleur devienne velours.

5. La lumière fait le reste

Une fois l'œuvre terminée, elle n'est jamais tout à fait la même d'une heure à l'autre. Le relief crée ses propres ombres : le matin, elles sont longues et nettes ; à midi, elles s'effacent ; le soir, elles se teintent. C'est pour cela que chaque pièce est unique, et qu'aucune photographie ne la montre complètement.

Pour voir les œuvres terminées, rendez-vous dans la galerie des couleurs, ou lisez comment se fabrique une gravure blanc sur blanc.